Bypass gastrique : dangers et complication ?


Auteur : Loris Vitry (thérapeute holistique)
Supervision : Cathy Maillot (ostéopathe)

Avertissement : Consultez obligatoirement votre médecin pour votre santé.


Selon l’OMS, l’obésité est devenue, dans les pays industrialisés, un problème de santé publique majeure.

Des études ont d’ailleurs démontré que d’ici 2030, la moitié de la population européenne souffrira de ce mal.

Bypass gastrique

Même s’il n’existe à l’heure actuelle aucun remède spécifique à cette pathologie, la médecine a su trouver des palliatifs.

Parmi elles : le bypass gastrique.

Toutefois, comme toute opération chirurgicale, cette méthode n’est pas dépourvue de risques.

Il convient donc de bien se renseigner sur les éventuelles complications et dangers avant de se lancer.

Le bypass gastrique : qu’est-ce que c’est ?

Encore appelé pontage gastrique, le bypass gastrique est une opération chirurgicale bariatrique visant à diminuer le volume de l’estomac.

Dans la pratique, le chirurgien crée par transsection, un petit réservoir à l’entrée de l’estomac.

Ce dernier est ensuite directement relié à l’intestin grêle. Les repas ingérés ne transitent donc plus par l’estomac lors de la digestion.

Ils passent plutôt directement dans la partie la plus longue du tube digestif.
Par ailleurs, le bypass gastrique est une opération chirurgicale irréversible.

C’est pourquoi il ne suffit pas d’avoir quelques kilos en trop pour se faire opérer.

En effet, seules certaines catégories de personnes sont éligibles pour un pontage gastrique.

Il s’agit entre autres :

  • des individus atteints d’une obésité sévère avec un IMC supérieur à 35 ;
  • des personnes souffrant d’une obésité morbide avec un IMC supérieur à 40 ;
  • des individus atteints d’une obésité massive avec un IMC supérieur à 50.

Il faut noter qu’il existe deux types de pontage gastrique : le bypass Roux-en-Y qui est la méthode la plus fréquente et le mini bypass gastrique.

La différence majeure entre ces deux opérations se trouve au niveau de la structure de l’intestin grêle.

Comment fonctionne le bypass gastrique ?

Après l’opération et avec la réduction du volume de l’intestin, la personne opérée est dans l’incapacité de consommer de grosses quantités de repas.

L’apport calorique s’en retrouve ainsi diminué.

De plus, le fait que les aliments ingérés passent directement dans l’intestin grêle favorise la réduction de l’absorption de calories et de nutriments par l’organisme.

Tout ceci crée un sentiment de satiété plus rapide ainsi que de nombreux changements hormonaux.
Par ailleurs, les principaux dangers du bypass gastrique se remarquent dans son mode de fonctionnement.

En effet, l’intestin grêle n’est pas adapté à recevoir de grosses quantité de nourriture en une seule fois.

Les complications précoces

Une personne ayant subi un bypass gastrique est gardée en observation quelques jours avant d’être renvoyée à la maison.

Cette précaution permet de détecter très tôt certaines complications qui peuvent survenir de façon précoce.

Les fistules anastomotiques

Selon une étude menée en 2012 sur le bypass gastrique Roux-en-Y, 0,4 à 5 % des personnes opérés développe des fistules anastomotiques.

Le plus souvent situées au niveau de l’anastomose gastrojéjunale, ces fistules apparaissent en général 2 à 3 jours après l’opération.

Elles se manifestent par des douleurs abdominales handicapantes, une tachycardie, une tachypnée, etc.
Pour déterminer l’emplacement exact des fistules, il peut être nécessaire de réaliser un scanner avec absorption de produit contraste.

Une fois le diagnostic confirmé, une nouvelle opération doit être faite en urgence pour suturer la fistule et procéder à un lavage ainsi qu’à un drainage.
Toutefois, si la prise en charge est retardée, les tissus autour de la fistule anastomotique peuvent devenir nécrosés rendant ainsi impossible la suture.

D’autres mesures doivent alors être envisagées.

Par ailleurs, les fistules anastomotiques peuvent apparaître de façon tardive 5 jours après l’opération.

Dans ce cas, la prise en charge se fait par antibiothérapie associée à un jeûne.

Les hémorragies

Elles surviennent en moyenne chez 2 à 3 % des personnes ayant subi un bypass gastrique.

Comme les fistules anastomotiques, les hémorragies ciblent également le plus souvent l’anastomose gastrojéjunale.

La plupart du temps, ces hémorragies sont bénignes et une reprise chirurgicale est rarement nécessaire.

Cependant, en fonction de la gravité de la déglobulisation, une transfusion sanguine peut être envisagée.
Dans les cas les plus graves, une endoscopie suivie d’une hémostase est envisageable.

Par contre, si les saignements ont pour origine le grand épiploon ou le mésentère, ils peuvent créer des occlusions postopératoires.

Ainsi, la réparation chirurgicale devient inévitable et urgente.

Les abcès intrapéritonéaux

Ils sont peu fréquents et touchent moins de 2 % des sujets.

Ils ne sont découverts qu’à travers le scanner.

Cependant, certains symptômes postopératoires permettent de les soupçonner.

Il s’agit de douleurs abdominales anormales ou d’un état de fébrilité qui survient de façon tardive.
Lorsque les abcès intrapéritonéaux sont accessibles, ils sont traités par un drainage percutané auquel est associé un traitement à base d’antibiotiques par intraveineuse.

Les complications tardives

Certaines complications peuvent survenir de façon plus tardive : entre 1 à 2 ans après l’opération.

Elles sont en général assez graves.

Les occlusions par hernie interne

Elles sont plutôt fréquentes et touchent 4 à 5 % des patients.

Avec une occlusion par hernie interne, le risque de nécrose et de grêle court est très élevé.

Une prise en charge d’urgence est donc préconisée.

Il faut noter qu’il existe différents types de cette complication et que chacune d’elles apparaît à une certaine fréquence.

  • Les hernies dans l’espace de Petersen apparaissent dans 60 % des cas.
  • Moins de 30 % des cas sont atteints par des hernies dans la brèche mésentérique.
  • On recense également de très rares cas de hernies transmésocoliques.

Les symptômes les plus fréquents en cas d’occlusion par hernie interne sont un amaigrissement excessif, des douleurs abdominales après les repas, des coliques et des vomissements. Les hernies sont recherchées par scanneur, mais les résultats sont peu fiables.

Il faut plutôt procéder à une cœlioscopie exploratrice d’urgence.

Les ulcères anastomotiques

Ils sont favorisés par une mauvaise hygiène de vie.

En effet, des Inhibiteurs de la Pompe à Protons sont prescrits au patient pour une durée de deux mois après l’opération.

Cependant, certains sujets en plus d’une mauvaise observance de la prescription s’adonnent également au tabagisme actif.
La bonne nouvelle c'est que les ulcères anastomotiques ne touchent que 2 % des personnes ayant subi un bypass gastrique.

Les symptômes évocateurs sont des douleurs épigastriques pouvant conduire à une aphagie.

En outre, les formes les plus graves d’ulcères peuvent entraîner une hémorragie ou une perforation de l’estomac.

Elles peuvent également donner lieu à une sténose anastomotique peptique ou ischémique.

Le traitement en cas d’ulcères dépend évidemment de leur gravité.
Le bypass gastrique peut également entraîner, très rarement (1 % des cas), une thrombose veineuse, une embolie pulmonaire et parfois même la mort.

Des calculs biliaires, des problèmes de peau excédentaires sont également évoqués.
En somme, le bypass gastrique est une opération chirurgicale très risquée.

Il convient de bien se renseigner sur ses différents dangers avant de vous lancer dans cette aventure.


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