Effet Zeigarnik : comment être plus productif ?


Auteur: Loris Vitry (coach en développement personnel)
Supervision: Cathy Maillot (ostéopathe D.O.)

Avertissement: Consultez obligatoirement votre médecin pour votre santé.


La procrastination est un phénomène qui touche 85 % des Français et la moitié d'entre eux la juge anxiogène.

Pour lutter contre ce phénomène et booster sa productivité, l'effet Zeigarnik peut constituer une intéressante source de motivation.

Effet Zeigarnik

Nous vous en présentons les principaux atouts, mais également les pièges à éviter.

Effet Zeigarnik : de quoi parle-t-on ?

Révélé dans les années 20, l'effet Zeigarnik décrit la tendance à mieux se souvenir des tâches inaccomplies que de celles déjà achevées.

En effet, d'après la psychologue russe Bluma Zeigarnik, le cerveau stockerait plus volontiers et plus longtemps les informations incomplètes.

Finalement, la tension résultant de la sensation d'inachevée induirait une motivation pour la tâche que l'on souhaite accomplir.

Cadre expérimental de l'effet Zeigarnik

À l'origine de ce concept, la psychologue a fait un constat a priori anodin.

Alors que les serveurs retenaient fort bien les commandes en cours, ils avaient tendance à oublier toutes celles déjà honorées.
Pour confirmer sa théorie, la scientifique a confronté deux groupes d'enfants à l'occasion d'une petite expérience.

Ces derniers devaient s'adonner à une vingtaine d'activités, allant de la résolution de puzzles à l'enfilage de perles.

L'expérience consistait ensuite à interrompre l'un des groupes au beau milieu de ses tâches.

Finalement, en interrogeant chaque participant, le résultat a été sans appel.

Le groupe qui avait été coupé dans ses élans se rappelait deux fois mieux des travaux qu'ils avaient réalisés.
Pour étayer ses propos, Bluma Zeigarnik a mis en évidence une forte tension intérieure lors de l'interruption d'une tâche.

Selon elle, ce n'est qu'une fois cette action achevée, que l'inconfort disparaîtrait progressivement.

Quelques champs d'application concrets

Depuis sa mise en évidence, l'effet Zeigarnik a su trouver écho à travers plusieurs secteurs.

De nos jours, il est notamment mobilisé par les développeurs et spécialistes du marketing digital.

Ces derniers s'en servent pour augmenter les taux de conversion, dans le cadre des processus de paiements en ligne.

En effet, les clients sont plus enclins à acheter si leur panier est rempli et prêt à être validé.
Dans le domaine de la psychanalyse, le concept peut être un outil intéressant pour résoudre les traumatismes.

Ainsi, en évoquant de manière exhaustive un événement perturbateur ou en le rejouant, on peut soulager le patient.

De même, en mettant fin à l'action, on abaisse significativement son niveau de tension.

Lutter contre la procrastination grâce à l'effet Zeigarnik

Aujourd'hui, les applications de l'effet Zeigarnik intéressent aussi bien les managers d'entreprises que les adeptes du développement personnel.

En effet, ce formidable outil anti-procrastination peut s'avérer étonnamment efficace pour motiver à l'atteinte des objectifs.

S'accorder des pauses régulières et minutées

Si nos esprits effacent vite les travaux achevés, ils sont programmés pour se souvenir de ceux qui restent encore à accomplir.

Dans la pratique, on gagnera en productivité en faisant durer une tâche et en l'interrompant de temps en temps.

Ainsi, on se souviendra mieux d'un livre savouré dans la durée plutôt que d'un autre, lu d'une traite.
Dans cet esprit, les spécialistes reconnaissent unanimement l'efficacité des pauses chez les étudiants ou les salariés.

En effet, en s'accordant quelques moments pour se distraire ou pour faire du sport, les sujets de révisions sont mieux mémorisés.

Au bureau, une petite pause toutes les deux heures a prouvé son efficacité dans l'optimisation du travail.
Par ailleurs, sachez qu'en programmant une tâche, on booste d'autant plus notre envie de la terminer. Pour cause, les arrêts forcés et minutés optimisent l'effet Zeigarnik, par opposition à ceux qu'on décide « de soi-même ».

Initier les choses pour activer l'effet Zeigarnik

Même si on ne peut pas réaliser l'intégralité d'une tâche, on entamera de préférence une petite partie de son objectif. Pour un effet Zeigarnik optimal et un net gain de productivité, on s'attachera à commencer par l'action qui nous motive le plus.

Par ailleurs, il est important de se faire un schéma clair des tâches à réaliser pour atteindre son objectif.

En effet, plus les étapes sont précises, plus on sera enclin à les poursuivre.
Ainsi, l'écriture d'un livre difficile pourra être entamée par la rédaction de quelques lignes.

De la même façon, réaliser un petit exercice facile peut donner le courage nécessaire pour réviser tout un chapitre complexe.

Finalement, avec l'effet Zeigarnik, l'essentiel est de démarrer par la plus petite tâche possible.

Aussi insignifiante soit-elle, cette action non accomplie sonnera à la manière d'une petite alarme et mobilisera votre esprit.

Limites de l'effet Zeigarnik : comment éviter qu'il ne devienne contre-productif ?

Si l'effet Zeigarnik peut être un redoutable outil de productivité, il présente par ailleurs quelques limites à considérer.

Dans certaines conditions, il peut même avoir l'inverse de l'effet escompté.

Besoin d'être motivé un minimum

Pour un gain de productivité optimal, il est essentiel de commencer par l'action qui suscite le plus de motivation.

De cette façon, il sera bien facile de visualiser son objectif et par conséquent de mobiliser son énergie pour l'atteindre.

Dans ce contexte précis, l'effet Zeigarnik est optimal et permet de décupler l'énergie de départ.

A contrario, une tâche trop compliquée, trop longue ou démotivante peut provoquer une annulation complète de cet effet.

Les risques d'une accumulation de tâches en cours

Si les actions entamées peuvent susciter un fort élan productif, en trop grand nombre, elles peuvent s'avérer contre-productives et dangereuses.

Ainsi, les cadres d'entreprise soumis au multitasking se sentent bien souvent inefficaces.

Cet état dangereux peut également entraîner de stress, de démotivation, voire de burn-out.

Pour un réel apport positif, il est donc essentiel de pouvoir "décrocher".

Pour cela, la mise en place de pauses et le respect des week-ends et vacances sont indispensables.
Par ailleurs, se fixer des objectifs clairs et avoir un nombre restreint de projets en cours sont importants pour transformer l'effet Zeigarnik en force.

Pour éviter la sensation "d'éparpillement des tâches", certaines entreprises mettent en place des systèmes d'affichage des missions quotidiennes de chaque salarié.

Cette technique simple s'avère particulièrement efficace pour prévenir d'éventuelles surcharges mentales.

Conclusion

L'effet Zeigarnik est un concept à double tranchant qui peut s'appliquer à de nombreux champs d'activité.

Appliqué dans des conditions favorables, cet outil anti-procrastination est un véritable boosteur de productivité.

En revanche, s'il est mal utilisé, il peut saturer l'esprit et provoquer des effets particulièrement néfastes.


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Catégorie: Vie professionnelle