Effets du CO2 sur l’homme: oxygénation, dilatation et sédation

Avertissement: Je ne suis pas médecin. Cet article présente un point de vue alternatif.

Cela risque de vous surprendre, mais l'élément le plus important dans le processus de la respiration est le dioxyde de carbone (CO2). Evidemment, l'objectif de la respiration est l'oxygénation de nos cellules pour produire de l'énergie, mais sans CO2, cela est impossible. Comme nous allons le découvrir, la pression en CO2 dans notre corps va déterminer notre niveau d'oxygénation.

PS: cet article traite du CO2 physiologique produit par le corps, non du gaz carbonique produit par les usines ou les voitures.

Nous respirons pour nous oxygéner ? Pas tout à fait...

Oui, dans l'absolu, nous respirons pour oxygéner nos cellules, afin qu'elles brûlent/oxydent les nutriments que nous mangeons et les transforment en énergie. Mais pour ce faire, la respiration ne fait que réguler la pression en CO2 dans le corps.

L'atmosphère est riche en oxygène (20%) comparé au CO2 (0.03%). Notre sang artériel est saturé en oxygène. Quelque soit notre âge, notre sexe, le lieu où nous vivons, l'activité physique que nous pratiquons, la manière dont nous respirons (bien ou mal), la maladie que nous avons (sauf cas particulier), la nourriture que nous mangeons, etc, notre sang aura TOUJOURS une saturation d'oxygène d'environ 95 à 99%. Cela est très facile à vérifier avec un oxymètre. C'est un capteur que l'on met au bout du doigt afin de mesurer son rythme cardiaque et sa saturation en oxygène. Nous pouvons faire TOUS les exercices de respiration que nous voulons, notre saturation sera toujours maximale !

Selon plusieurs études scientifiques (Laurino et.al. 2012), la saturation en oxygène chute seulement après 1 minute 40 secondes sans respirer. Cela signifie que le corps fait des réserves d'oxygène. En effet, l'oxygène est stocké et transporté par l'hémoglobine (globules rouges). Par exemple, si nous allons en altitude où l'oxygène se raréfie, le corps va produire PLUS de globules rouges pour stocker plus d'oxygène. C'est une technique qu'utilise les sportifs de haut niveau avant une compétition afin d'augmenter significativement leur réserve d'oxygène.

Tout ça pour dire que l'oxygène n'est pas vraiment un problème, il y en a en abondance que ce soit dans l'atmosphère ou dans le sang. Par contre, l'oxygénation cellulaire varie énormément d'un individu à l'autre. Nous avons fait un test pour le mesurer. Notre oxygénation cellulaire va dépendre d'un facteur crucial : notre pression en CO2 au niveau cellulaire. En vérité, l'inspiration et l'expiration ne sont là que pour réguler ce paramètre. Quand nous inspirons, ce n'est pas que nous manquons d'oxygène (notre sang est toujours à saturation), c'est pour diminuer la pression en CO2 qui s'accumule. Puis l'expiration viendra évacuer ce même excès de CO2. Tout le cycle de respiration ne fait que réguler constamment la pression en CO2 dans le corps en régulant l'excès.

Plus nous respirons d'air par minute, plus nous évacuons de CO2. C'est le cas quand on fait du sport par exemple. Ce n'est pas parce que nous manquons d'oxygène (notre saturation d'O2 est toujours de 95-99%), mais parce que nous devons évacuer l'excès de CO2 produit par le métabolisme. L'activité produit plus de CO2.

Les problèmes commencent quand on respire plus d'air que nécessaire au repos. Comme nous l'avons vu sur l'accueil, la norme physiologique et médicale moderne est d'environ 6 litres / minute et la norme proposée par les russes est d'environ 4 litres / minute. Malheureusement, la plupart d'entre nous respirons PLUS que la norme au repos. En respirant plus que nécessaire, nous hyperventilons. L'hyperventilation va diminuer progressivement la pression en CO2 dans le corps (notre saturation d'O2 est toujours maximale).

L'hyperventilation va causer un déséquilibre majeur entre CO2 et O2, le couple énergétique primordial. Un médecin traditionnel chinois vous dira qu'il y a un déséquilibre entre le Yin et le Yang et que la voie du milieu (Tao) n'est plus respectée, c'est le chaos dans le corps et l'esprit. Un médecin traditionnel indien vous dira qu'il y a un déséquilibre de Prana (des 5 vayus). Un yogi vous dira que vous manquez de Prana (énergie vitale). Le docteur Buteyko vous dira que l'hyperventilation et la dépression en CO2 crée la souffrance dans le corps et l'esprit. Tout ça revient au même, nous respirons trop, nous hyperventilons et notre pression en CO2 chute. La maladie et la fatigue en résulte naturellement...

La Respiration Intermittente a pour objectif d'augmenter la pression en CO2 dans le corps pour retrouver l'équilibre, l'harmonie, la santé. Maintenant que nous avons compris le fonctionnement de la respiration, passons aux effets bénéfiques du CO2.

Les 3 effets bénéfiques du dioxyde de carbone (CO2)

Oxygénation

Je vous l'ai dit plus haut : sans CO2, l'oxygénation est impossible ! Cela est dû à l'effet Bohr, phénomène mis en évidence par Christian Bohr, médecin et physiologiste danois. L'effet Bohr dit que les globules rouges relâchent l'oxygène uniquement dans les tissus ayant une pression en CO2 suffisante. Dit autrement, l'effet Bohr permet l'oxygénation des cellules actives (qui produisent du CO2). Si les cellules ne sont pas actives, elles ne produisent pas de CO2, l'effet Bohr est annulé, l'oxygène reste attaché aux globules rouges. Nous pouvons donc hyperventiler autant que nous voulons, l'oxygène n'atteindra JAMAIS les cellules si elles ne produisent pas assez de CO2. Alors que notre saturation en oxygène est toujours maximale, l'hyperventilation va diminuer rapidement notre pression en CO2 jusqu'à avoir la tête qui tourne (mauvaise oxygénation du cerveau) ou pire avoir un malaise (cerveau ne recevant plus assez d'oxygène).

Pour oxygéner nos cellules, il ne faut pas respirer PLUS, mais MOINS afin d'accumuler de plus en plus de CO2 dans le sang et les poumons. Cela est parfaitement mis en évidence chez l'asthmatique qui étouffe alors qu'il hyperventile. Pour dilater ses bronches et permettre l'oxygénation, on lui demandera de respirer dans un sac en papier pour réabsorber un maximum de CO2. Le CO2 activera l'effet Bohr et permettra à nouveau l'oxygénation cellulaire. Alors que l'asthmatique le vit intensément et rapidement, la plupart des gens vivent la même chose mais de manière plus insidieuse, sans vraiment le remarquer.

Dilatation

Tous les échanges gazeux dans le corps se sont par effet de diffusion. L'oxygène et le CO2 se diffusent d'une cellule à l'autre en traversant les membranes cellulaires. Pour que cela soit possible, la pression en CO2 est extrêmement importante car le dioxyde de carbone a un effet de dilatation puissant. Il va dilater les cellules et leurs membranes afin de permettre les échanges gazeux. Cela commence au niveau des alvéoles pulmonaires puis au niveau des tissus du corps entier. Si le CO2 vient à manquer, les alvéoles se contractent. On a immédiatement des difficultés à respirer comme l'asthmatique qui a les bronches complètements crispées. Les muscles peuvent se tendre également, ce qui provoquera des crampes ou des contractures. Cela va entraîner à long terme des douleurs, mais surtout une mauvaise circulation. En effet, le CO2 a surtout un effet dilatateur puissant sur les artères et les veines. Un manque de CO2 entraîne facilement une hypertension (constriction du réseau sanguin).

Si nous voulons avoir un corps relâché, détendu, où la circulation du sang est parfaite afin d'assurer la bonne distribution des nutriments aux cellules, nous devons avoir une pression de CO2 normale, c'est-à-dire de 40 mmHg (unité de mesure de pression), correspondant à 40 secondes au test respiratoire.

Sédation

Enfin, c'est le troisième effet bénéfique du CO2 : la sédation. Le dioxyde de carbone a un effet apaisant puissant sur l'ensemble des cellules du corps humain. D'une part, le CO2 va apaiser les tissus musculaires, mais ce qui nous intéresse fortement ici, c'est qu'il va apaiser les cellules nerveuses, les neurones. Nous possédons deux zones très riches en cellules nerveuses. D'abord, nous avons évidemment notre cerveau mais nous avons aussi nos intestins que l'on appelle d'ailleurs le deuxième cerveau.

Une bonne pression en CO2 va permettre d'apaiser le cerveau. Les effets calmants de la méditation sont en réalité liés à l'accumulation du CO2 dans le corps avec la respiration qui ralentit de plus en plus. Fini le bavardage mental incessant, les pensées chaotiques perturbantes qui nous dérangent constamment, le CO2 va apaiser les neurones et le processus cognitif. Nous serons beaucoup plus calmes et sereins. Aussi, le CO2 va apaiser tout notre système digestif. Une bonne digestion nécessite un environnement calme et l'absence de stress. Cela n'est possible qu'en présence de CO2 et de son effet sédatif sur les cellules nerveuses tapissant l'intestin.

Le CO2 : le secret de la respiration

Alors que certains coachs en respiration affirment que le CO2 est un déchet qu'il faut absolument éliminer, nous affirmons, science à l'appui, que le CO2 est un facteur primordial pour guérir rapidement afin de jouir d'une santé parfaite. En effet, le CO2 et ses 3 effets principaux : l'oxygénation, la dilatation et la sédation, nous garantissent un esprit sain dans un corps sain.

Comme nous l'avons vu, la norme médicale et physiologique de la pression en CO2 est de 40 mmHg. Cela correspond à 40 secondes d'apnée (après expiration) au test respiratoire de la méthode Buteyko. Attention, il s'agit d'un score de 40 secondes sans forcer, sans aucun inconfort ni désir d'inspirer. Soyez honnête avec vous-même et faites le test correctement pour pouvoir avoir un point de comparaison réel afin de mesurer votre future progression.

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Publié dans: Bien respirer